L’acupuncture pour minimiser les impacts des changements de saisons sur notre organisme
L’impact des changements de saisons
Les changements de saisons peuvent affecter de manière significative l’être humain. Ça se produit de manière subtile et progressive si bien que c’est parfois imperceptible au quotidien. Les saisons influent sur divers systèmes comme l’immunité, la digestion, les voies respiratoires, le système reproducteur et même la peau. En plus de perturber notre rythme biologique, ces variations saisonnières peuvent impacter le sommeil, l’énergie et l’humeur. L’acupuncture, par des traitements de changements de saisons, peut moduler le métabolisme afin qu’il s’harmonise davantage à son environnement.
Le système de prévention de l’acupuncture est basé avant tout sur le renforcement des propres défenses de l’organisme contre les agressions externes (climatiques ou infectieuses), internes (traumatismes psychologiques et émotions négatives) et alimentaires. Ces facteurs d’agression sont souvent spécifiques en fonction des cycles saisonniers.
L’influence de la luminosité
Le nombre d’heures d’exposition à la lumière du jour est le facteur numéro un qui régule l’ensemble du biologique; c’est vrai pour le végétal, l’animal et aussi pour l’humain. Nous vivons plus ou moins de 9h à 17h, du lundi au vendredi, 50 semaines par année mais rien dans la nature ne fonctionne ainsi. Tout fonctionne en cycles… Ça finit par nous rattraper! D’ailleurs, en y prêtant attention, on observe souvent une cyclicité ou une saisonnalité à nos divers problèmes. Bien sûr, nous réagissons également aux influences climatiques (chaud, froid, sec, humide) mais le facteur déterminant demeure la lumière du jour.

Ma chatte, Bébelle, perdait son poil au printemps et à l’automne malgré qu’elle était une chatte d’intérieur, qui ne prenait pas froid l’hiver. Lors de sa visite annuelle, j’en avais glissé un mot à la vétérinaire qui m’a assuré que la mue saisonnière était normale même si l’animal ne sors pas dehors.
“Vous avez raison qu’un animal qui a froid va développer une pilosité plus forte mais ce qui régule la mue c’est le soleil. Lorsque le follicule pileux reçoit assez de lumière c’est que le printemps arrive et donc il relâche le gros poil d’hiver et c’est pourquoi on le remarque plus au printemps qu’à l’automne, et c’est pour la même raison qu’un animal qui déménage de l’hémisphère nord au sud s’adapte dès la première saison.”
Notre système est capable de s’adapter
mais sa nature est de se conformer à l’ensoleillement.
La même explication s’applique aux vacanciers bronzés et relaxés qui reviennent du sud en décembre ou janvier et se plaignent, après 2 ou 3 semaines, qu’ils auraient encore besoin de vacances… C’est normal. Ils sont passés de 8 heures à 12 ou 14 heures d’ensoleillement par jour, ce qui entraîne une sorte de « décalage saisonnier ». C’est comparable à un décalage horaire, mais à l’intérieur d’un même fuseau horaire, où l’on passe de l’hiver à l’été, puis à nouveau à l’hiver, en l’espace de deux semaines.
Lorsque les journées raccourcissent, notre corps aspire à « hiberner ». Autrefois, nos ancêtres vivant en milieu rural ajustaient davantage leur rythme de vie aux saisons. Ils travaillaient intensément au printemps, en été et en automne, mais réduisaient leurs activités pendant l’hiver. Même s’il y avait toujours à faire sur une terre pendant l’hiver, avec 2 mètres de neige dans le champs et l’obscurité de 16h à 7h, on diminuait la cadence. Leur période de repos étaient donc plus longue en hiver, jusqu’à 8 à 10 heures.
Lors d’une éclipse solaire, comme nous avons connue le 8 avril 2024, les poules sont rentrées au poulailler et les chauve-souris sont sorties temporairement avant de se rendre compte qu’il s’agissait d’un faux-départ. Ces exemples illustrent bien le fait que notre système, tout comme celui des animaux, est capable de s’adapter mais que sa nature est de se conformer à l’ensoleillement.
Et le changement d’heure dans tout ça?
La question du changement d’heure reste un sujet de débat récurrent, mais, pour l’instant, il faut s’y adapter. Certains minimisent les conséquences que cette pratique a sur les êtres vivants, incluant l’humain. Cependant, on peut observer que les jeunes enfants et les animaux continuent de suivre leur rythme basé sur l’heure solaire, malgré le fait que l’on avance ou recule l’horloge. On peut ainsi considérer que le changement d’heure accentue les effets des transitions saisonnières.

Plusieurs études scientifiques démontrent d’ailleurs qu’il est néfaste de s’imposer le changement d’heure printemps et automne. Cette pratique se traduit par une surmortalité dans les quelques jours suivant le passage à l’heure avancée ou à l’heure normale et ce, dans tous les pays où c’est encore pratiqué. Cette surmortalité est liée à une augmentation des accidents de travail, des accidents de la route et des infarctus. D’ailleurs la Russie avait voté de garder l’heure avancée toute l’année en 2011 avant de finalement revenir à l’heure normale toute l’année en 2014. Comme quoi biologiquement nous sommes préprogrammés pour que midi soit à midi.
Si le sujet vous intéresse… voici quelques articles sur les effets néfastes du changement d’heure:
En anglais
L’acupuncture au rythme des saisons
L’approche des équinoxes et des solstices est reconnue par notre organisme qui veut se préparer pour la prochaine saison, ce qui représente une fenêtre d’opportunité pour un traitement de changement de saison adaptatif.
Le moment idéal
Il est toujours temps de consulter en acupuncture pour les changements de saisons. Cela dit, le moment optimal pour le faire est d’environ deux semaines avant le solstice ou l’équinoxe jusqu’à deux semaines après.
On peut faire le traitement toute la saison même si on est en retard. Il est fréquent que de nouveaux patients nous consultent pour un problème récent et que celui-ci semble être apparu à un moment relativement proche d’un équinoxe ou solstice.
À chaque saison ses maux
Les éléments perturbateurs sont différents selon les saisons. Ces éléments affecteront différents systèmes du corps et le traitement d’acupuncture ciblera dons ces systèmes particuliers afin de les renforcer pour la saison.

Printemps – Foie
21 mars au 21 juin
Le printemps, c’est comme une renaissance, la nature se réveille et se transforme, les bourgeons éclatent, et les jours s’allongent. Ce renouveau saisonnier invite à un genre de « purification » après un hiver souvent marqué par un mode de vie plus sédentaire et une alimentation plus riche.
Le traitement d’acupuncture à cette période a pour objectif de stimuler les fonctions naturelles d’élimination de l’organisme et de dissiper les tensions accumulées durant la saison froide. Le Foie est le principal organe sollicité. On visera aussi à augmenter l’énergie et à prévenir les allergies saisonnières chez les patient-e-s touchés.
Été – Coeur
21 juin au 21 septembre
Création et vitalité caractérisent l’été. C’est à cette période que l’énergie du corps est à son apogée, en harmonie avec la nature qui atteint sa plénitude.
Le focus du traitement d’acupuncture sera sur le coeur et le système sanguin. Il visera à optimiser l’énergie tout en minimisant les risques de déséquilibres liés à la chaleur excessive ou à une surcharge d’activités.
Hiver – Rein
21 décembre au 21 mars
L’hiver nous amène à ralentir… La nature est en pause, les animaux en hibernation. On est plus casanier, on recharge les batteries… C’est aussi une période d’introspection.
Le rein est l’organe qui supporte les autres, il est comme un socle sur lequel reposent les autres organes. Le système surrénal est davantage sollicité par temps froid, c’est donc celui-ci qui est ciblé lors du traitement d’acupuncture d’hiver. Il a pour principal objectif d’amenuiser les influences climatiques subies par le corps (chaud, froid, sec, humide) ainsi que les crises d’anxiété et le stress.
Automne – Poumon
21 septembre au 21 décembre
À l’automne, on profite de l’abondance des récoltes, tout en faisant des réserves pour l’hiver. Les jours raccourcissent et le froid commence à se pointer le bout du nez. Le moral est parfois à la baisse.
C’est à l’automne que les infections respiratoires reviennent en force et le traitement d’acupuncture pour ce changement de saison aura pour but de renforcer le système immunitaire et d’améliorer la résistance à ces infections. Le poumon et le système respiratoire seront donc le point de mire du traitement.
L’acupuncture pour une meilleure qualité de vie
En médecine traditionnelle chinoise (MTC), l’approche préventive occupe une place essentielle. L’accent est mis sur le maintien de la santé, et non pas uniquement sur le traitement des problèmes. On préconise un “entretien” plutôt que de “casser des crises”.
L’acupuncture est une des disciplines de la MTC et les traitements de changements de saisons s’inscrivent dans cette démarche de prévention. Ils visent à améliorer l’adaptation aux conditions particulières de chacune des saisons, en amont, et ainsi diminuer le besoin d’intervenir de façon curative. Sur une base annuelle, moins de traitements seront nécessaires et on aura, globalement, une meilleure qualité de vie.






